jeudi 16 avril 2020

Histoire des auto-mitrailleuses japonaises - 2



Nous avons laissé l'Empire du soleil levant lors de la première guerre mondiale avec une industrie automobile balbutiante, faite de tentatives ponctuelles et désorganisées, d'un accord avec une firme Britannique (wolseley) et d'un début de production de camions TGE type A. La participation du Japon à la première guerre mondiale (où il était l'allié de la France et de la Grande Bretagne) consista essentiellement à bloquer la grande base navale allemande de Tsingtao, et à occuper les possessions allemandes dans le Pacifique, c'est à dire les îles Mariannes, Carolines et Marshall, ce qui fut fait dès 1914.
La révolution russe d'octobre 1917, puis le traité de Brest-Litovsk entre l'Allemagne et la Russie signé le 03 mars 1918 eurent une influence importante sur la position japonaise en asie. En effet, des stocks considérables de matériel alliés étaient alors stockés à Vladivostok. Ces stocks arrivant des Etats-Unis et du Canada et destinés à soutenir l'armée russe dans sa lutte contre l'Allemagne devinrent avec la défection russe et la guerre civile qui s'ensuivit une proie tentante pour tous les acteurs de la région. Afin de sécuriser ces stocks, la triple entente envoya des contingents (réduits) et fit appel naturellement au pays allié qui pouvait fournir le plus de troupes rapidement, c'est à dire le Japon. Ce sera l'intervention de sibérie orientale entre 1918 et 1922 qui verra les tentatives occidentales et japonaise pour aider les russes blancs (amiral Koltchak) contre les Bolcheviques. Le japon bien entendu a aussi son but propre : étendre sa zone d'influence dans la région (suite à un accord entre les parties, les troupes japonaises devaient atteindre 8000 hommes, elles seront 70000 en aout 1918 ce qui démontre l'ambition du Japon dans la région). En 1922, toutes ces tentatives furent un échec et les contingents réembarquèrent les uns après les autres au fur et à mesure des défaites des armées blanches. A noter que dans cette aventure contre les Bolcheviques, Vladivostok verra aussi passer deux formations légendaires, la légion tchèque et le corps expéditionnaire des auto-canons belges.

We left the Empire of the Rising Sun in WWI with a fledgling auto industry, made up of one-off and disorganized attempts, an agreement with a British firm (wolseley) and the start of production of typical TGE trucks. A. Japan's participation in the First World War (where it was the ally of France and Great Britain) consisted essentially in blocking the large German naval base of Tsingtao, and in occupying the German possessions in the Pacific, c ie the Mariana Islands, Carolinas and Marshall Islands, which was done as early as 1914.

The Russian revolution of October 1917, then the Treaty of Brest-Litovsk between Germany and Russia signed on March 3, 1918 had an important influence on the Japanese position in Asia. Indeed, considerable stocks of Allied material were then stored in Vladivostok. These stocks arriving from the United States and Canada and intended to support the Russian army in its fight against Germany became with the Russian defection and the civil war which followed a tempting prey for all the actors of the region. In order to secure these stocks, the triple agreement sent (reduced) contingents and naturally appealed to the allied country which could provide the most troops quickly, ie Japan. It will be the intervention of Eastern Siberia between 1918 and 1922 which will see Western and Japanese attempts to help the White Russians (Admiral Kolchak) against the Bolsheviks. Japan of course also has its own goal: to extend its area of ​​influence in the region (following an agreement between the parties, the Japanese troops were to reach 8,000 men, they will be 70,000 in August 1918, which demonstrates Japan's ambition. In the region). In 1922, all these attempts were a failure and the contingents re-embarked one after the other as the defeats of the white armies. Note that in this adventure against the Bolsheviks, Vladivostok will also see two legendary formations, the Czech legion and the Belgian auto-cannon expeditionary force.


Les premières auto-mitrailleuses :

La première utilisation d'auto-mitrailleuses japonaises se déroula pendant l'intervention du Japon en Sibérie orientale (Kraï du Primorié) de 1918 à 1922. A cette occasion, un détachement d'auto-mitrailleuses fut constitué. Ce détachement comprenait : une auto-mitrailleuses capturée sur les Russes (Vladivostok armored car ou Fiat omsk, le modèle avec tourelle), quelques Austin (on en voit jusqu'à quatre sur les photos) et trois auto-mitrailleuses expérmentales (dénomination japonaise) fabriquées au Japon.

The first armored cars:


The first use of Japanese armored cars took place during Japan's intervention in eastern Siberia from 1918 to 1922. On this occasion, a detachment of armored cars was formed. This detachment included: an armored car captured on the Russians (Vladivostok armored car or Fiat omsk, the model with turret), some Austin (one can see as much as four on the photographs) And three experimental (japanese name) armored cars made in Japan.






La fiat Omsk:

La Fiat Omsk fut capturée lors de la tentative de prise de la ville de Vladivostok par les troupes japonaises dans la nuit du 4 au 5 avril 1920, réarmée et arborant une étoile sur l'avant. Elle fut par la suite transférée en Corée, toujours dans le cadre de l'IJA.


The Fiat Omsk:

The Fiat Omsk was captured during the attempt to take the city of Vladivostok by Japanese troops on the night of April 4 to 5, 1920, rearmed and bearing a star on the front. It was subsequently transferred to Korea, still part of the IJA.



Fiat Omsk (source internet)


Fiat Omsk (source internet)


Fiat Omsk (source internet)


Fiat Omsk (source internet)


Fiat Omsk (source internet)


Fiat Omsk à droite avec une Austin à l'extrème gauche et une auto-mitrailleuse expérimentale Shisei moyenne au milieu (source internet)


Fiat Omsk au mileu avec une Austin à l'extrème gauche et une auto-mitrailleuse expérimentale Shisei moyenne à droite (source internet)




Les auto-mitrailleuses japonaises expérimentales:

Les auto-mitrailleuses japonaises (deux caisses différentes) furent construites à l'arsenal d'Osaka (c'est pourquoi elles sont aussi appelées parfois à tort auto-mitrailleuses Osaka), parfois aussi appelées "Shisei Soko Jidosha" (litéralement: auto-mitrailleuses expériementales) sur deux chassis différents de camions.
Le modèle léger (ou moyen pour les Japonais) sur chassis modifié de camion prototype "San-ton" (trois tonnes): deux exemplaires réquisitionnés par l'armée dont un envoyé en Sibérie.
Le modèle moyen (ou lourd pour les Japonais) sur chassis du camion type Armée 4t: deux exemplaires réquisitionnés par l'armée, les deux envoyés en Sibérie.
On en voit trois au maximum sur les photos, un léger et deux moyens. On ne connait pas leur histoire ni ce qu'elles sont devenues. Il est possible que, comme pour la Fiat Omsk, elles aient été envoyés en Corée à la fin de l'intervention japonaise en Sibérie.



The Japanese experimental armored cars:


The Japanese experimental armored cars (two different bodies) were built at the Osaka arsenal (which is why they are also sometimes called wrongly Osaka armored cars), sometimes also called "Shisei Soko Jidosha" (literally: experiemental armored cars) on two different truck chassis.
The light model (or medium for Japanese) on a modified chassis of the "San-ton" (three tons) prototype truck: two copies requisitioned by the army, including one sent to Siberia.
The medium model (or heavy for Japanese) on the chassis of the 4t Army type truck: two copies requisitioned by the army, both sent to Siberia.
We can see a maximum of three in the photos, one light and two medium. We don't know their history or what has become of them. It is possible that, as for the fiat Omsk, they were sent to Korea at the end of the japanese intervention in Siberia.

Les trois auto-mitrailleuses Shisei à Khabarovsk place de la cathédrale 1920 (source internet)


Les deux modèles lourds (source internet)


Camion type armée 4t ou Gas Electric type A (source internet)


Le modèle lourd (source internet)


Le modèle lourd (source internet)

Le modèle lourd (source internet)


Le modèle lourd à droite (source internet)


Le modèle lourd au milieu (source internet)


Le modèle moyen (source internet)


Le modèle moyen (source internet copyright)

















Le modèle lourd (devant) et le modèle moyen (derrière) avec entre eux une austin (source internet copyright)




Les auto-mitrailleuses Austin:


Pour les Austin, on sait que le Japon acheta six Austin (4ème série selon la terminologie Russe et model 1918 selon la terminologie anglaise) à l'Angleterre en 1919 (auparavant utilisées par le 17 btl du Royal Tank Corps) dont quatre furent envoyées en Sibérie mais aussi qu'il est possible que les troupes japonaises s'emparèrent de modèles Russes lors des combats (ce qui expliquerait que l'on voit des exemplaires camouflés aux côtés d'exemplaires vert uni). Donc on ne sait pas au juste combien d'Austin les troupes japonaises possédaient en Sibérie. Ces auto-mitrailleuses furent ensuite utilisées en Mandchourie jusqu'à l'incident de Jinan (contre les chefs de guerre chinois du nord) en 1928, elles seront ensuite retirées du service actif. En 1932, les trois véhicules restants par manque de pièces détachées et à cause de l'usure du matériel furent renvoyés au Japon, leurs caisses furent déposées et après modifications placées sur un chassis 3 essieux Chiyoda. La nouvelle dénomination était Chiyoda Austin. Ces machines furent envoyées en Mandchourie à l'armée du Kwantung. L'année suivante l'une d'elles fut envoyée à Tianjin pour soutenir les forces japonaises. L'une d'entre elles fut modifiée et adaptée sur un nouveau chassis avec pneumatiques et nouvelles tourelles (de  la tankette type 94), elle était toujours en service en 1937.




The Austin armored cars:



For the Austin, we know that Japan bought six Austin (4th series according to Russian terminology and model 1918 according to English terminology) from England in 1919 (previously used by the 17 btl of the Royal Tank Corps), four of which were sent in Siberia but also that it is possible that the Japanese troops seized Russian models during the combats (which would explain why we see camouflaged copies alongside plain green copies). So it is not clear how many Austin Japanese troops owned in Siberia. These auto-machine guns were then used in Manchuria until the incident of Jinan (against the Chinese warlords of the north) in 1928, they will then be withdrawn from active service. In 1932, the three remaining vehicles due to lack of spare parts and because of the wear of the material were sent back to Japan, the body was deposited and after modifications placed on a Chiyoda 3-axle chassis. The new name was Chiyoda Austin. These machines were sent to Manchuria to the Kwantung army. The following year one of them was sent to Tianjin to support the Japanese forces. One of them was modified and adapted on a new chassis with tires and new turrets (of the tankette type 94), it was still in service in 1937.


Austin japonaise en Sibérie (source internet - copyright)






Austin japonaise en Sibérie (à gauche) (source internet)













Austin japonaise en Sibérie (à gauche) (source internet)










Quatre Austin japonaise en Sibérie, deux sont camouflées et deux sont vert uni (source internet - copyright)

Austin japonaise en Sibérie (source internet)

Austin japonaise en Sibérie (source internet)

Austin japonaise Vladivostok 1920 (source internet)

Austin japonaise dans les rues de Vladivostok 1920 (source internet collection K Yoshikawa)


Austin japonaise dans les rues de Vladivostok 1920 (la même) (source internet)

Austin japonaise dans un fossé en Sibérie années 1920 (source internet copyright armored cars WWI blogspot)


Austin japonaise lors de l'incident de Jinan 1928 (source internet)


Austin japonaise lors de l'incident de Jinan 1928 (source internet)



Austin japonaise école militaire automobile de l'IJA (Imperial Japanese Army) années 1920 (source internet)



Austin japonaise années 1930 (source internet)



Austin japonaise 30ème régiment d'Infanterie Muramatsu (source internet)



Austin japonaise années 1930 (source internet)


Austin Chiyoda lors d'exercices en Mandchourie 1933, à droite une Vickers Crossley (source internet)


Austin Chiyoda 1932 (source internet)



Austin Chiyoda à Changchun (Manchoukouo) 1932 (source internet)


Austin Chiyoda modifiée sur nouveau chassis (source internet)


Histoire des auto-mitrailleuses japonaises - 1


Introduction :


L'entrée du Japon dans la modernité s'est fait plus tard que dans les pays occidentaux, à la suite de la restauration de Meiji en novembre 1867. Jusqu'en 1867, le Shogunat Tokugawa dirigeait le pays par un système féodal contrôlé par les Samouraï. L'ouverture forcée du Japon à l'étranger permit aux influences occidentales de pénétrer lentement le pays et créa une séparation entre les Samouraï attachés aux traditions anciennes et ceux qui souhaitaient une évolution vers l'ouverture du pays et la fin du système du Shogunat. L'empereur apparut alors comme une alternative et suite à de nombreux conflits, le Shogun Tokugawa Yoshinobu démissionna le 19 novembre 1867 pour rendre le pouvoir à l'empereur Meiji (appelé Mutsuhito de son vivant) qui n'avait alors que 16 ans. Après quelques ultimes combats, l'empereur victorieux s'installa à Edo renommé alors Tokyo (Ville de l'Est) en 1869.

Le Japon rattrapa alors son retard de manière accélérée dans les domaines commerciaux, industriels et financiers notamment. Les Samouraï ayant perdus leurs anciens privilèges mais ayant aussi reçu une éducation supérieure à la moyenne étaient à la recherche d'autres formes de développement, ce fut dans ces secteurs qu'ils trouvèrent une forme de revanche. Le développement rapide amena la concentration de moyens dans des conglomérats nommés Zaibatsu. Ces monopoles (quatre au départ : Sumitomo, Mitsui, Mitsubishi, Yasuda) contrôlés verticalement par une famille, basés sur une banque qui finançait des filiales industrielles avaient des liens étroits avec le pouvoir et pouvaient influencer grandement la politique du Japon. Sans expérience industrielle ni technologique, ces grands groupes se tournèrent vers les pays occidentaux pour acquérir du matériel, de la technologie et partant de l'expérience. Ce furent essentiellement l'Angleterre et les Etats-Unis qui furent ses principaux pourvoyeurs. Friands de nouveautés occidentales (mode, cinéma, chemin de fer, tramway, vélo, etc …), le Japon avait déjà importé plus d'un millier de voiture en 1910, malgré quelques tentatives locales vouées à l'échec(les ingénieurs Yamawa Torao (voiture à vapeur, 1904), Yoshida Shintaro et Uchiyama Comano (10 voitures Takuri, 1907-1910) et Masujiro Hashimoto (Haysin Xia, 1911).

Au tournant du siècle, la politique étrangère du Japon devint expansionniste, et les victoires se succèdèrent : la première guerre Sino-Japonaise (1894-1895) lui donna le contrôle de la Corée, la guerre Russo-Japonaise (1904-1905) lui apporta une partie de la Mandchourie, et amena aussi un début de prise de conscience de l'utilité de motorisation pour l'armée avec la création d'un comité pour l'évaluation des véhicules militaires. La signature le 25 juin 1912 à St Petersbourg d'une convention secrète Russo-Japonaise divisa la Mongolie intérieure en deux zones d'influence : orientale (Japonaise) et Occidentale (Russe). L'exploitation de cet immense territoire sans voies de communications modernes accélérera aussi le processus. Enfin, c'est la première guerre mondiale qui amplifia le phénomène en montrant l'absolue nécessité pour une armée de se motoriser. C'est alors que les Zaibatsu commencèrent à investir dans l'industrie automobile.

La motorisation japonaise eut pour origine la firme Tokyo Ishikawajima Shipbuilding & Engineering Company Limited, crée en 1893, pour la construction navale, et la firme Tokyo Gas and Electric Industrial Co crée en 1885 pour la production de gaz et d'électricité. Cette dernière dont la branche automobile est l'ancêtre de la marque Hino s'allia à la première pour construire la première usine de production automobile japonaise en 1916 à Tokyo.
En 1917, une collaboration avec la firme britanique Wolseley débuta et l'usine reçut des pièces détachées en provenance d'Angleterre pour assembler les premières voitures.
En 1918, un accord fut passé avec Wolseley Motors pour commercialiser les modèles de la marque en Asie Orientale. En effet, les ingénieurs Japonais étaient en grande partie formés en Angleterre, Wolseley était une des principales entreprises automobiles anglaises et une succursale Wolseley était déjà ouverte en 1916 au Canada proche géographiquement du Japon. Après quelques années tout fut près pour lancer la production.
En 1922, l'usine produisit la première voiture entièrement fabriquée au Japon dénommée A9 essentiellement pour l'Armée Impériale Japonaise (IJA).
En 1924 fut produit le premier camion Wolseley type CP de 1,5t sous la dénomination japonaise type A.

Parallèlement, pour essais avec l'armée, TGE produisit 5 camions type armée 4 tonnes dans l'arsenal d'Osaka en 1917 aussi appelés Gas Electric type A . Moteur 4 cyl de 30 CV vitesse 24 km/h. Ces camions furent les précurseurs de tous les camions japonais, puis 20 camions TGE type A entre 1918 et 1922 (même moteur) qui furent les premiers à bénéficier de la loi sur l'assistance aux véhicules militaires (subventions aux véhicules qui satisfaisaient aux exigences de l'armée: franchir une pente de 20% et pouvoir rouler 100km pendant 7 jours).

La collaboration difficile avec Wolseley due à la fin de la première Guerre Mondiale et les difficultés économiques qui s'ensuivirent en Europe furent contrebalancées par la demande militaire et civile : en effet, le 1er septembre 1923, survint un terrible tremblement de terre et tsunami associés qui firent 174 000 morts et 542 000 disparus. Le réseau ferré en grande partie détruit, un programme de relance permit l'augmentation accélérée de la production automobile. En 1925, Ford (Yokohama) et General Motors (Chevrolet à Osaka) produisaient aussi des véhicules au Japon. Pour donner une idée de la production automobile japonaise, de 1926 à 1927, la production de voitures japonaises dans l'usine de Tokyo passa de 245 à 302 voitures, tandis que les usines Ford et GM produisaient respectivement 7 000 et 5600 voitures. En 1928, les camions de type A restaient les seuls camions produits en masse et produits localement ... avec une production annuelle de seulement cent.

En 1927, la collaboration avec Wolseley s'arrêta avec 550 véhicules construits et en 1929 fut crée une nouvelle firme : Ishikawajima Automotive Works qui fut chargée de fabriquer des véhicules purement japonais, une nouvelle usine fut construite dans le but de fabriquer des véhicules militaires sous l'appellation Chiyoda, les véhicules civils étant fabriqués dans la première usine sous l'appellation Sumida.
Par la suite, les appellation furent mélangées et l'on trouva des véhicules militaires Sumida.
En 1928 sortit le premier véhicule Sumida type L, un camion léger de 1,5t à deux essieux.
Puis le type M, un bus pour les lignes locales. Puis en 1930, le Sumida type P à trois essieux.
A noter qu' Ishikawajima est l'ancêtre d'Isuzu.


Introduction:

Japan's entry into modernity came later than in Western countries, following the Meiji restoration in November 1867. Until 1867, the Tokugawa Shogunate ruled the country by a feudal system controlled by the Samurai. The forced opening of Japan abroad allowed Western influences to slowly penetrate the country and created a separation between the Samurai attached to ancient traditions and those who wanted an evolution towards the opening of the country and the end of the Shogunate system. The emperor then appeared as an alternative and following many conflicts, the Shogun Tokugawa Yoshinobu resigned on November 19, 1867 to return power to Emperor Meiji (called Mutsuhito during his lifetime) who was then only 16 years old. After some final fights, the victorious emperor settled in Edo then renamed Tokyo (City of the East) in 1869.

Japan then caught up in an accelerated manner in the commercial, industrial and financial fields in particular. The Samurai having lost their former privileges but also having received an above-average education were looking for other forms of development, it was in these sectors that they found a form of revenge. The rapid development brought the concentration of power in conglomerates called Zaibatsu. These monopolies (four at the start: Sumitomo, Mitsui, Mitsubishi, Yasuda) controlled vertically by a family, based on a bank which financed industrial subsidiaries had close ties with the power and could greatly influence the policy of Japan. Without industrial or technological experience, these large groups turned to Western countries to acquire equipment, technology and therefore experience. It was essentially England and the United States which were its principal suppliers. Fond of western novelties (fashion, cinema, rail, tram, bicycle, etc.), Japan had already imported more than a thousand cars in 1910, despite some local attempts that were doomed to fail (Yamawa Torao engineers (steam car, 1904), Yoshida Shintaro and Uchiyama Comano (10 Takuri cars, 1907-1910) and Masujiro Hashimoto (Haysin Xia, 1911).

At the turn of the century, Japan's foreign policy became expansionary, and victories succeeded one another: the first Sino-Japanese War (1894-1895) gave it control of Korea, the Russo-Japanese War (1904-1905) brought it part of Manchuria, and also led to an early awareness of the usefulness of motorization for the army with the creation of a committee for the evaluation of military vehicles. The signing on June 25, 1912 in St Petersburg of a secret Russo-Japanese convention divided Inner Mongolia into two zones of influence: Eastern (Japanese) and Western (Russian). Exploitation of this immense territory without modern communication routes will also speed up the process. Finally, it was the First World War which amplified the phenomenon by showing the absolute necessity for an army to be motorized. It was then that the Zaibatsu began investing in the automotive industry.

The Japanese motorization originated from the firm Tokyo Ishikawajima Shipbuilding & Engineering Company Limited, created in 1893, for shipbuilding, and the firm Tokyo Gas and Electric Industrial Co created in 1885 for the production of gas and electricity. The latter, whose automotive branch is the ancestor of the Hino brand, joined forces with the former to build the first Japanese automobile production plant in 1916 in Tokyo.
In 1917, a collaboration with the British firm Wolseley began and the factory received spare parts from England to assemble the first cars.
In 1918, an agreement was made with Wolseley Motors to market the brand's models in East Asia. Indeed, Japanese engineers were largely trained in England, Wolseley was one of the main English automobile companies and a Wolseley branch was already opened in 1916 in Canada geographically close to Japan. After a few years everything was ready to start production.
In 1922, the factory produced the first car entirely manufactured in Japan called A9 mainly for the Imperial Japanese Army (IJA).
In 1924 the first Wolseley type CP 1.5t truck was produced under the Japanese name type A.

At the same time, for tests with the army, TGE produced 5 4-ton army-type trucks in the Osaka arsenal in 1917 also called Gas Electric type A. 30 hp 4 cyl engine speed 24 km / h. These trucks were the forerunners of all Japanese trucks, then 20 TGE type A trucks between 1918 and 1922 (same engine) which were the first to benefit from the law on assistance for military vehicles (subsidies for vehicles which satisfied the requirements of the army: cross a slope of 20% and be able to drive 100km for 7 days).

The difficult collaboration with Wolseley due to the end of the First World War and the ensuing economic difficulties in Europe were offset by military and civil demand: indeed, on September 1, 1923, a terrible earthquake and associated tsunami occurred which left 174,000 dead and 542,000 missing. The rail network largely destroyed, a stimulus program allowed the accelerated increase in automobile production. In 1925, Ford (Yokohama) and General Motors (Chevrolet in Osaka) also produced vehicles in Japan. To give an idea of ​​Japanese automobile production, from 1926 to 1927, the production of Japanese cars in the Tokyo factory went from 245 to 302 cars, while the Ford and GM factories produced 7,000 and 5,600 cars, respectively. In 1928, Type A trucks remained the only mass produced and locally produced trucks ... with an annual production of only one hundred.

In 1927, the collaboration with Wolseley stopped with 550 vehicles built and in 1929 was created a new firm: Ishikawajima Automotive Works which was responsible for manufacturing purely Japanese vehicles, a new factory was built with the aim of manufacturing military vehicles under the Chiyoda name, civil vehicles being manufactured in the first factory under the Sumida name.Subsequently, the names were mixed and Sumida military vehicles were found.
In 1928 the first Sumida type L vehicle was released, a 1.5t light truck with two axles.
Then the type M, a bus for local lines. 
Then in 1930, the three-axle Sumida type P.
Note that Ishikawajima is the ancestor of Isuzu.

Camion type armée 4t ou Gas Electric type A (source internet)

Camion type armée 4t ou Gas Electric type A (source internet)

Camion type armée 4t ou Gas Electric type A (source internet)

Les cinq Camions type armée 4t ou Gas Electric type A commandés par l'armée à la sortie de l'arsenal d'Osaka(source internet)

Camion type armée 4t ou Gas Electric type A équipé avec un canon anti-aérien, fin des années 1920 (source internet)

Camion TGE type A première série (source internet)

Camion TGE type A (source internet)

Camion TGE type A autre version (source internet)

Vue de l'usine d'assemblage des Wolseley à Kukagawa (source internet)

1922: Wolseley A9 (source internet)

Modèle du camion Wolseley CP fabriqué au Japon (source internet)

Premier chassis du camion Wolseley CP fabriqué au Japon (source internet)


1924: camion Wolseley CP ou type A (source internet)


Camion Sumida type L (source internet)

Bus Sumida type M (source internet)

Camion Sumida type P (source internet)