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mardi 28 septembre 2021

Histoire des auto-mitrailleuses Tchécoslovaques

 

Il faut d'abord bien comprendre que le sujet des auto-mitrailleuses Tchécoslovaques « indépendantes » est assez rapide à survoler car il couvre en tout et pour tout la période 1918 -1939, c'est à dire la période de l'entre deux guerres. En effet, avant 1918, ce pays n'existe pas et à partir du 15 mars 1939, le pays est totalement envahi par l'Allemagne (après l'annexion des Sudètes) et partagé entre protectorat de Bohème-Moravie sous occupation allemande et Slovaquie, état indépendant mais inféodé à l'Allemagne. Après 1945, le pays sera membre du pacte de Varsovie et donc sera équipé en auto-mitrailleuses d'origine Russes.

De plus, ce petit pays bénéficiait d'un solide prérequis car il regroupait la plupart des entreprises d'industrie lourde de l'Empire Austro-Hongrois avec Tatra, Skoda, CKD (ex Praga), qui toutes, avec des ingénieurs bien formés et novateurs créèrent des modèles souvent en avance sur leur temps : songeons au fait que Ferdinand Porsche trouva l'idée bien avancée de la coccinelle chez les Tchèques, le char LT vz.38 poursuivit une carrière dans la Wehrmacht jusqu'en 1945 dans nombre de déclinaisons, ou que la série des sdkfz 234 furent motorisés par d'excellent moteurs Tatra, etc etc …Aux débuts des années trente, la Tchécoslovaquie était d'ailleurs l'un des premiers fournisseurs d'armes au monde.


I - Les premières auto-mitrailleuses :


    1 - les Lancia 1Z :

Au mois d'octobre 1918, peu avant la fin de la première guerre mondiale, la Tchécoslovaquie déclara son indépendance. A la fin des hostilités, celle-ci possédait comme seuls véhicules blindés, deux auto-mitrailleuses achetées à l'Italie (une Lancia 1Z et une Bianchi rapidement remplacée par une autre Lancia 1Z). Ces véhicules étant rattachés à la Légion Tchécoslovaque en Italie, levée à partir de prisonniers de guerre austro-hongrois. Ces véhicules entrèrent en action en Slovaquie lors des troubles avec la Hongrie et restèrent en service actif jusqu'à l'arrivée des Skoda PA II puis furent utilisées comme véhicules d'entrainement jusqu'en 1936.














Les deux premières auto-mitrailleuses italiennes (Bianchi à gauche, Lancia 1 Z à droite)
















La lancia n°2


    2 - Les Fiat Torino :

A la fin des hostilités en Europe, le nouvel état Tchécoslovaque fut en butte à des conflits frontaliers avec ses voisins (Hongrie et Pologne), chacun tentant de grappiller le maximum de territoire avant la fixation définitive des frontières. Après cette stabilisation, l'une des premières préoccupations du nouvel état fut bien sûr sa défense, le gouvernement profita de ses possibilités industrielles non négligeables, la Bohème Moravie étant le principal poumon industriel de l'Autriche-Hongrie avec les usines Skoda (à Pilsen), Praga et CKD entre autres, et décida de développer un véhicule blindé le plus rapidement possible. Le premier essai fut réalisé sur la base du camion Fiat 18 BL largement disponible avec une caisse blindée construite par Skoda et donna naissance au Skoda-Fiat « Torino ». Un prototype fut réalisé et testé avec succès en janvier 1920 puis 11 autres exemplaires furent produits et livrés mi puis fin 1920. D'un équipage de cinq hommes, ce véhicule possédait deux tourelles décalées à droite et à gauche par rapport à l'axe longitudinal et armées chacune d'une mitrailleuse 7,92 mm Maxim MG.08. Le châssis était un 4X2 avec roues doubles à l'arrière pour supporter la charge additionnelle. Les roues étant à bandage plein. La caisse était faite de plaques en acier de 5 à 6 mm rivetées sur une armature elle aussi en acier. Réalisé dans l'urgence, la Fiat Torino n'était malheureusement pas exempte de défauts, entre autres une vitesse anémique de15 km/h due à un poids beaucoup trop lourd (6,25 t) pour le moteur (64 CV), un châssis surchargé, de nombreux défauts de construction, une impossibilité de sortir des routes à cause de roues trop étroites, etc... Mis en service en 1920, 8 furent rapidement retirés du service en 1925 et les 4 autres en 1929 dès que des modèles plus moderne furent disponibles.















l'une des Fiat Torino à gauche avec la Lancia 1Z n°2 à droite














La fiat Torino n°5 vue de profil, on remarque bien la simplicité de la superstructure  


    3 - La Praga L :

Les ingénieurs Tchèques, de grande qualité, se remirent au travail pour construire un nouvel engin cette fois ci mieux pensé. Un prototype toujours sur châssis de camion Praga L fut réalisé en 1921 toujours avec une caisse blindée fournie par Skoda et pris en compte par l'armée sans production officielle sous le nom de Praga L en 1922. Le blindage était constitué de plaques d'acier de 5 mm rivetées sur une armature en acier. L'équipage était de 3 hommes. Il était armé en tourelle d'une mitrailleuse 7,92 mm Maxim MG.08 et d'un petit canon d'infanterie de 37 mm sur l'arrière. Il ne fut utilisé que pour l'entraînement et fut retiré du service en 1925 où la superstructure blindée fut retirée et le véhicule rendu à la vie civile.


















La Praga L qui ressemble déjà plus à une auto-mitrailleuse















La Praga L 


Ces premières auto-mitrailleuses, conçues dans l'urgence sur des châssis civils ne répondaient pas aux critères émis par l'armée c'est pourquoi ils furent rapidement retirés du service actif mais ils permirent aux ingénieurs Tchèques d'acquérir de la compétence pour leur futurs projets. 


II - La série des Skoda PA :


    1 - la Skoda PA I:

En 1923, sur la base d'un châssis cette fois ci spécialement conçu, les ingénieurs tchèques réalisèrent la Skoda PA I, tellement bien pensée qu'elle incorporait des caractéristiques jamais vues comme les deux postes de conduite qui permettaient de conduire dans un sens et dans l'autre indifféremment et à la même vitesse (le véhicule n'était pas 4X4 mais l'un des essieux était bloqué et devenait moteur alors que l'autre était débloqué et devenait directeur sans plus être moteur), cela donnait aussi un profil particulièrement symétrique ou il était difficile de savoir où était l'avant et l'arrière. L'armement consistait en deux mitrailleuses 7,92 mm Maxim MG.08 puis en 1924 deux mitrailleuses lourdes vz.24 en tourelle. Cette auto-mitrailleuse expérimentale ne fut produite qu'à deux exemplaires car elle fut conçue plutôt comme véhicule-test afin de valider plusieurs solutions novatrices et mener à la construction du modèle de série plus élaboré : la Skoda PA II. Les deux exemplaires furent néanmoins acceptés par l'armée en août 1923, utilisés épisodiquement notamment lors de spectacles puis réaffectés à la formation où l'un des véhicules (13 240) tombe en panne de moteur en 1933 et n'est plus utilisé.















la Skoda PA I avec un camouflage cinq couleurs losangé



















la Skoda PA I



    2 - La Skoda PA II:

Officiellement désignée « Obrneny Automobil vzor 1923 » ou OA vz.23 (automobile blindée modèle 23), le nouveau véhicule entra en service fin 1924 début 1925 garda le châssis de la PA I mais avec un nouveau moteur, armée de quatre mitrailleuses lourdes vz.24 en superstructure montées sur rotules et présentait un profil arrondi assez unique qui lui valut rapidement le surnom de « tortue ». L'idée était d'améliorer la résistance aux projectiles mais le travail à fournir était compliqué car réalisé au marteau, un véritable travail artisanal identique à celui que fournissaient les ouvriers qui fabriquaient à l'époque les voitures de luxe pour les personnes fortunées, tradition qui existait déjà chez Skoda depuis les fabricants d'armures du moyen-age. Les plaques travaillées étaient ensuite rivetées sur une armature. Le dessin symétrique fut aussi conservé. La nouvelle auto-mitrailleuse fut évaluée par l'armée Tchèque en 1925 et prise en compte (faute de mieux) sans être officiellement acceptée pour plusieurs raisons, notamment une garde au sol trop basse rendant la conduite en tous terrains impossible, un habitacle trop étroit pour cinq hommes, un poids trop lourd qui pénalisait l'agilité. En 1927, Skoda fut autorisée à vendre trois exemplaires de la PA II à la police autrichienne de Vienne ((en compensation de OA vz.27 non livrées) qui virent le combat en 1934 lors du coup d'état nazi).

En 1930, l'armée Tchécoslovaque céda à la police Tchèque les neuf exemplaires restants. A noter que deux exemplaires n'étaient pas blindés à des fins d'école de conduite.

Les exemplaires encore en état en 1939 furent saisis lors de l'invasion allemande et certains transformés en véhicules radio.

A noter qu'un prototype armé d'un canon Skoda de 75 mm L/28 dénomé PA II delovy vit le jour en 1927 mais sans suite.

















La Skoda PA II



    3 - La Skoda PA III:

La Skoda PA III (OA vz.27 ), était, à la demande de l'armée, une amélioration plus petite, plus mobile et moins chère de l'OA vz.23. Elle présentait comme principale différence une tourelle armée d'une mitrailleuse lourde vz.24 avec une seconde en superstructure sur rotule (une mitrailleuse légère ZB vz.26 était emportée en caisse). Le moteur Skoda 4 cyl de 5,7 l et 60 CV permettait une vitesse de 35 km/h. De nombreuses commandes arrivèrent de l'étranger (Yougoslavie, Pologne, Belgique, Chine, Japon) mais durent être refusées par manque d'outil de production. Elle fut commandée à 15 exemplaires (plus le prototype) en 1927 et les premières entrèrent en service en 1929. Appréciée des équipages pour sa robustesse, sa facilité de maintenance et la précision de tir assisté par des optiques de visée, les principaux défauts venaient d'un poids trop important et d'un prix excessif. Sur les quinze, l'Allemagne en récupéra 9 en mars 1939, 3 furent capturées par la Slovaquie lors de sa déclaration d'indépendance et mis au rebut en septembre 1943 et 3 furent saisies par la Roumanie lorsque les troupes tchèques se réfugièrent en Roumanie lors de l'invasion par la Hongrie de la Ruthénie et de srégions subcarpathiques en mars 1939. Sur les trois, deux furent détruits lors d'un raid allié sur Ploesti en 1944.



Crew

5

Engine

Skoda, 4cyl, 5700cc, 60hp

Performance

35km/hour

Length

5.35m

Width

1.95m

Height

2.66m

Armament

2 x MG vz.7/24 plus 1 x ZB vz.26

Armor

3 - 5.5mm

Weight

6.6 tons

Range

250km

















La Skoda PA III (OA vz.27)

















La Skoda PA III (OA vz.27)


III - La Tatra OA vz.30:


La Tatra OA vz.30 fut la dernière auto-mitrailleuses Tchèque, elle suivit la PA III et fut commandée à 51 exemplaires le 6 mars 1933 . Le principal argument pour sa conception fut que les skoda donnaient satisfaction à l'armée mais étaient trop chères pour être commandées en nombre important.La livraison était prévue jusqu'à décembre 1933 mais les retards conduisirent à des livraisons jusqu'en juillet 1934. Elle était conçue sur un chassis de camion Tatra 6X4 T-72 inhabituel car basé sur un tube central avec des arbres d'essieux oscillants donnant d'excellentes capacités tous terrains . L'armement se composait de deux mitrailleuses légère ZB vz.26 dont l'une en tourelle. Le moteur Tatra 4 cyl 1,91 l et 32 CV permettait une vitesse de 60 km/h. Les défauts étaient nombreux avec un blindage trop faible (3 à 6 mm), une impossibilité pour les mitrailleuses légères de tirer en continu et un moteur trop anémique pour le tout terrain. Les véhicules furent utilisés en 1938 contre les corps francs de Konrad Henlein dans les Sudètes et lors des conflits avec la hongrie en mars 1939.L'Allemagne en captura 24 en mars 1939 (7 allèrent comme véhicules radio aux propaganda compagnies, 10 furent utilisées par l'OrdnungsPolizei et 3 équipèrent un peloton de la 14 ème Polizei Panzer Kompanie en Slovaquie en janvier1944), la Slovaquie 18 lors de sa déclaration d'indépendance qui suivit, et la Roumanie en saisit 9 lorsque les troupes tchèques se réfugièrent en Roumanie lors de l'invasion par la Hongrie de la Ruthénie en mars 1939.






















La Tatra OA vz.30

















La Tatra OA vz.30















La Tatra OA vz.30 sous l'uniforme allemand


Crew

3

Engine

Tatra 71 aircolled 4cyl 1910cc 32hp

Performance

60km/hour 

Length

4.02m

Width

1.52m

Height

2.02m

Armament

3 x ZB vz.26 MG

Armor

3 - 6mm

Weight

2.78 tons

Range

300km



                            Organisation des auto-mitrailleuses Tchèques :


L'organisation plutôt complexe dans le temps des auto-mitrailleuses Tchèques fut liée d'abord à l'accroissement du nombre de véhicules disponibles puis à l'augmentation de la menace de l'Allemagne à partir de 1933 qui déclencha un important effort de la part de la Tchécoslovaquie en terme d'équipement et de réorganisation des unités au fur et à mesure de leur accroissement..


Avec l'entrée en service des Fiat Torino, l'armée Tchèque commença à se retrouver avec un nombre conséquent de véhicules blindés et la nécessité de les regrouper administrativement dans une unité spécifique devint indispensable. Il est curieux de constater que les trains blindés sont administrativement rattachés aux véhicules d'assaut et donc aux chars et auto-mitrailleuses.



1 - le quartier général des unités spéciales de combat (VZBU) :


En octobre 1920, fut donc créé à Milovice le quartier général des unités spéciales de combat (VZBU) qui regroupait les trains blindés (6) et les auto-mitrailleuses (14 : 12 Fiat Torino et les deux Lancia, la Praga L ne fut pas conservée en unité de combat) avec pour but la formation, l'utilisation et la coopération de ces moyens avec les autres unités de l'armée.


2 - Le bataillon de véhicules d'attaque :


Le 7 juillet 1922, le VZBU fut transformé en bataillon de véhicules d'attaque avec toutes les unités subordonnées : 3 groupes de trains blindés, 6 pelotons de voitures blindées, une compagnie de remplacement, une compagnie d'entraînement, des unités techniques et d'approvisionnement. Territorialement, le bataillon était rattaché à la 3ème division d'infanterie à Litomerice. Ce bataillon sera transformé en régiment de véhicules d'assaut le 15 septembre 1933.


En 1923, les unités blindées jusque là dispersées furent regroupées à Milovice en incluant aussi les 7 chars Renault FT achetés à la France.


Entre 1924 et 1925, les anciennes auto-mitrailleuses furent retirées du service actif pour être remplacées par de nouvelles PA I et PA II.


Entre mai et octobre 1929, arrivèrent les nouvelles 15 auto-mitrailleuses PA III acceptées par l'armée sous le nom de OA vz.27. L'armée évalua aussi une nouvelle auto-mitrailleuse OA vz.30


En octobre 1930, au sein du bataillon, deux compagnies furent crées : la première avec toutes les auto-mitrailleuses et la seconde avec les chars et véhicules d'entraînement.


En 1932, l'armée acheta aussi 50 chars LT vz.34 d'origine CKD.


3 - Le régiment de véhicules d'assaut :


Le 15 septembre 1933, le bataillon passe au stade de régiment, les chars sont regroupés en bataillon avec 3 compagnies et les auto-mitrailleuses dans une compagnie à 2 escadrons. Ce régiment sera dissout le 15 septembre 1935.


4 - La brigade de véhicules d'assaut :


Avec l'arrivée d'Hitler au pouvoir, la Tchécoslovaquie révisa ses plans de défense jusque là orientés contre la Hongrie. Le plan de réarmement prévoyait jusqu'à 336 chars. C'est pourquoi le régiment de véhicules d'assaut passa au stade de brigade avec 3 régiments de véhicules d'assaut dont une compagnie d'auto-mitrailleuses. C'est dans ce but que l'armée acheta, en 1933, 51 OA vz.30 avec 70 chars vz.33. En décembre 1936 arrivèrent les premiers chars LT vz.35. La brigade fut dissoute le 24 septembre 1938.


5 – les divisions rapides :


Le 1er octobre 1937 furent créées les quatre divisions rapides RD-1 : Prague, RD-2 : Brno, RD-3 : Bratislava, RD-4 : Pardubice) à 11 000 hommes, 2832 chevaux, 298 motos, 1009 voitures et camions, 98 chars, 12 auto-mitrailleuses 3 OA vz.27 et 9 OA vz.30) et 68 canons dont l'organigramme était le suivant :

  • une brigade de cavalerie (2 régiments de dragons, 1 bataillon cycliste, 1 unité d'artillerie de cavalerie)

  • une brigade motorisée (2 bataillons de chars, 2 bataillons d'infanterie motorisée sur camion, 1 unité d'artillerie motorisée)

  • 1 unité de reconnaissance motorisée (1 compagnie de véhicules blindés et 1 compagnie motocycliste)

  • 2 compagnies anti-chars et 2 compagnies de DCA.


Ces divisions rapides avaient aussi pour but de fournir des détachements à la demande pour les troupes frontalières, ce sont ces détachements qui intervinrent lors de la mobilisation partielle du 20 mai 1938 puis de la mobilisation générale du 23 septembre 1938 suite aux graves troubles dans la région des sudètes. A noter qu'entre le 12 septembre et le 4 octobre 1938, il y eut 69 engagements importants des forces armées Tchécoslovaques contre des corps francs allemands des Sudètes de Konrad Henlein dont certains avaient traversés la frontière allemande.


                                                                Camouflage :


Les deux premières Lancia étaient vert foncé italien, les 12 fiat torino portaient une couleur unie khaki. C'est avec la PA I que le camouflage cinq tons fut adopté avec du vert foncé, khaki, rouge brun, ocre et gris inspiré du camouflage en losange des avions allemands de la première guerre mondiale. Pour la PA II, le même camouflage fut repris mais avec des taches arrondies séparées par une fine ligne brun noir, à noter que comme la peinture ne fut pas renouvelée, elle se délabra rapidement au cours des années, ce qui permet de les différencier. Le schéma officiel de camouflage fut introduit en 1930 avec trois couleurs (les références sont celles officielles de la société Josef Palfy de Smolenice): vert herbe foncée réf 169, jaune ocre réf 125, et rouge brun réf 141 sous forme de taches arrondies, l'intérieur des véhicules était ivoire. Seules les PA III furent peintes en gris uniforme (sauf le prototype qui reçu un camouflage tricolore) car on considérait qu'elles ne seraient utilisées que sur les routes et donc qu'un camouflage tricolore serait trop voyant. A noter que les véhicules non blindés étaient peints en khaki.


                                                          Immatriculation - Numérotation :


A la déclaration d'indépendance, en octobre 1918, la Tchécoslovaquie garda l'ancien système d'immatriculation Austro-Hongrois de 1910 et cela jusqu'en décembre 1932. Ce système prévoyait une immatriculation par plaque blanche avec des chiffres noirs (pour l'Autriche) et rouges (pour la hongrie). Ces chiffres commençaient par un chiffre romain correspondant au district (ex : N pour Prague, A pour Vienne), ensuite une série toujours en chiffres romains puis une série en chiffres arabes de 1 à 999. Par ex. une fois que la série NVII 999 fut terminée, on passa à NVIII 1. Tous les véhicules de l'administration furent immatriculés à Prague, donc avec la lettre N. Pour les véhicules militaires, seuls ceux roulant sur routes (donc les auto-mitrailleuses mais pas les chars FT) furent intégrés à cette numérotation comme des véhicules civils avec la différence que la couleur des plaques fut inversée : plaque noire et chiffres blancs. En décembre 1932, les véhicules portèrent une immatriculation en chiffres arabes. Une numérotation sur les côtés fut portée jusqu'au stade des divisions rapides.


Véhicule :      nombre          n° police                              immatriculation (déc 1932)         numérotation

Lancia 1 Z         2             NVII 751 – 752                              13004 – 13005                         1 - 2


Fiat Torino         12           NVII 753 – 764                                         -                                    3 - 14


Praga L              1              NVII 969                                                  -                                      15


Skoda PA I        2              NIX 9 – 10                                     13239 – 13240                       16 - 17


Skoda PA II      12            NIX 58 – 69                                    13267 – 13275                      18 – 30


Skoda PA III     15            NIX 201 – 215                               13338 - 13352                       31 – 45

OA vz.27


Skoda PA III      1              NIX 216 13353                                        -                                      -

 prototype


OA vz.30          51                     -                                            13324 – 13331 -                        -

                                                                                                13376 – 13418


OA vz.30         1            NIV 609 13323                                            -                                      -

prototype 


                             Carte de la Tchécoslovaquie de 1919 à 1940




















samedi 3 octobre 2020

Adaptation des auto-mitrailleuses russes au rail

 

Au début des années trente, les stratèges militaires russes cherchèrent une alternative aux imposants trains blindés mis en œuvre pendant la première guerre mondiale et la guerre civile. Un train étant par définition lourd, lent à la mise en oeuvre et vulnérable car contraint à se déplacer sur une voie fixe, il était nécessaire de créer des véhicules plus légers servant à la reconnaissance des voies (en général 5 à 10 km en amont du train) et aux transmissions. Ces véhicules furent souvent des automitrailleuses (BA-27, D8/12, FAI, BA20, BA6 et BA10) transformées pour le déplacement sur rail. De plus, dans certaines régions reculées comme l'Est Sibérien, elles étaient souvent suffisantes à elles seules.


L'automitrailleuse légère D-8 et sa version améliorée D-12 fut produite de 1931 jusqu'à mi 1932 au nombre d'environ 60 exemplaires à l'usine Mozherez de Moscou (usine de réparation ferroviaire). Il apparut rapidement que ces véhicules étaient trop limités pour être efficaces en tant qu'auto-mitrailleuses. Plutôt que de les envoyer en dépôt, il fut décidé de les utiliser en tant que draisines pour l'ouverture des voies en coordination avec les trains blindés, en effet 'Armée Rouge avait prévu la construction de draisines spéciales pour cette tache mais leur conception avait pris du retard. Dans cette optique, un prototype dénommé « brdl » ou « brdl-1 »fut modifié dans l'usine Mozherez à la mi 1933. Un ingénieux système fut élaboré qui permettait à l'équipage d'arriver perpendiculairement à la voie ferrée puis de passer dessus ( à l'aide de madriers) en s'arrêtant au milieu, puis à l'aide d'un cric mis en position centrale de soulever de 20 cm tout le véhicule (après avoir bloqué la suspension), de changer les roue de route pour des roues spécifiques à la voie ferrée (accrochées sur le véhicule), de faire pivoter le véhicule de 90° et de le descendre sur la voie. D'autres mécanismes permettaient de fixer la direction une fois sur les rails, de bloquer les ressorts de suspension pour le levage, et quatre madriers en bois permettaient de franchir plus aisément la voie lors de l'arrivée. Ce système permettait en 10 minutes d'obtenir soit un véhicule spécialisé pour le rail soit une auto-mitrailleuse classique pour la route. Ce système permettait aussi un changement de direction à 180° lorsque sur voie ferrée.

Des tests furent menés du 22 juin 1933 au 31 aout 1934 avec succès, la vitesse (100km/h sur rails, 80 km/h sur route), la furtivité du véhicule (hauteur : 1,7 m, longueur : 3,54 m, largeur : 1,7 m), l'apport d'un blindage même léger était grandement apprécié. Il y avait aussi quelques inconvénients comme la conception même du véhicule avec son champ de tir limité à 15° de part et d'autre de l'axe, la mise en place sur la voie ou l'inverse était impossible sous le feu, l'équilibre du véhicule devait être parfait lorsqu'il était soulevé par le seul cric sinon la chute était assurée.

Après ces tests avec le prototype brdl, les études pour transformer les D-8/12 furent stoppées mais des enseignements furent tirés pour continuer l'expérience avec d'autres véhicules.


Au début de 1928, la BA-27 fut la première auto-mitrailleuse Soviétique à entrer en service après la guerre civile. Ce véhicule était le premier de conception nationale sur une base de AMO F-15 modifié. Au total, 215 exemplaires furent produits jusqu'à mi 1931. Ce véhicule montra rapidement ses limites et à la fin de 1931, l'usine Mozherez développa un système identique à celui des D-8/12 pour l'utilisation sur voie ferrée, le temps mis à la transformation était supérieur (30 min environ). La BA-27 était aussi équipée d'un système permettant de l'accrocher à un train blindé ou de relier deux BA-27 l'une à l'autre. La vitesse sur voie était de 50 km/h. 35 engins furent destinés à être envoyés dans l'Est mais les tests effectués montrèrent vite les limites de l'engin : par exemple entrer et sortir de la voie était très difficile malgré les madriers aussi, à la mi 1934, un prototype fut transformé en draisine et renommé BD-37, il était prévu de transformer ensuite toutes les autres BA-27 mais on ne sait pas combien le furent dans la réalité. Comme pour les D-8/12 des enseignements furent tirés de ces premières expériences et permirent ensuite de développer des modèles plus aboutis sur la base d'automitrailleuses légères comme la BA-20 ZhD ou lourdes comme les BA-I/3/6/10 ZhD, ces engins participèrent ensuite à la seconde guerre mondiale avec succès.











Sur les photos suivantes, on voit le même système pour la BA-27:




La FAI ZhD:


La BA-20 ZhD:


La BA-I ZhD:




La BA-6 ZhD:





La BA-10 ZhD:







Sur le terrain d'entrainement, on voit une BA-20 ZhD derrière elle, une BA-64 ZhD, et derrière elle une BA-10 ZhD.


dimanche 19 avril 2020

Histoire des auto-mitrailleuses japonaises - 3

                                            Les tentatives des années 1920:

Dans les années 1920, l'industrie japonaise n'était pas encore apte à développer ses propres modèles d'auto-mitrailleuses, c'est pourquoi, elle chercha à acquérir des modèles étrangers afin d'accumuler de l'expérience. Elle se tourna naturellement vers les pays vainqueurs de la première guerre mondiale (France et Angleterre qui avaient dans ce domaine acquis un certain savoir faire) et commanda soit des chassis seuls soit des véhicules complets. 

In the 1920s, the Japanese industry was not yet able to develop its own models of armored cars, which is why it sought to acquire foreign models in order to accumulate experience. It naturally turned to the victorious countries of the First World War (France and England who had acquired a certain know-how in this field) and ordered either single chassis or complete vehicles.



Les tentatives françaises :


1- Auto-mitrailleuse Renault :

En 1928, l'armée de terre japonaise (IJA) acheta un chassis et moteur Renault type MH à six roues et y développa une superstructure blindée de conception purement japonaise. Le véhicule avait deux postes de direction, un à l'avant et l'autre à l'arrière, l'armement consistait en une mitrailleuse 6,5 mm Taisho 3 dans une tourelle conique. En 1929, des tests furent conduits dans l'école de cavalerie de l'armée de terre (IJA) et le véhicule fut adopté. Il fut plus tard utilisé en Mandchourie dans le groupe automobile de la 1ère brigade de cavalerie

In 1928 IJA bought a Renault 6-wheel 2,5 t truck and developed a modern armour around the vehicle. The vehicle had a drivers position in the bow and in the rear. Armament consited of a Type Taisho 3 6,5 mm MG in a conical turret. In 1929 several trials and tests were made at IJA Cavalry School. The vehicle was used in Manchuria in the cavalry 1st brigade automobile group for the last time.








l'auto-mitrailleuse sur chassis Renault (source: internet)









En action en Mandchourie (source: internet)


2- Auto-mitrailleuse roues-chenilles St Chamond M21 :

En 1924, l'armée de terre japonaise (IJA) acheta un modèle de la St Chamond 1921 roues-chenilles à la France afin de tester cette nouvelle technologie. Les résultats ne furent pas considérés comme satisfaisants, en fait le passage des roues aux chenilles se faisait rapidement en 10 min simplement en soulevant les roues, mais l'inverse était compliqué car la suspension des roues était incapable de soulever le véhicule, il fallait donc construire une rampe, faire monter le véhicule sur cette rampe puis abaisser les roues sans qu'elles rentrent en contact avec le sol pour pouvoir les verrouiller et enfin faire redescendre le véhicule de la rampe jusqu'à ce que les roues touchent le sol. De plus , la rampe devait être d'une taille suffisante pour les chenilles mais pas trop afin que les roues ne la touche pas en descendant, et que ses côtés soient suffisamment renforcés pour soutenir le poids du véhicule. De plus, en position remontées, les roues gênaient la vision latérale du conducteur. Tous ces inconvénients amenèrent à l'abandon du projet d'achats ultérieurs.

In 1924, the Japanese Army (IJA) purchased a model of the 1921 St Chamond crawler wheels from France in order to test this new technology. The results were not considered satisfactory, in fact the change from the wheels to the tracks was done quickly in 10 min just by lifting the wheels, but the reverse was complicated because the wheel suspension was unable to lift the vehicle, so it was necessary build a ramp, get the vehicle up on this ramp then lower the wheels without them coming into contact with the ground to be able to lock them and finally lower the vehicle from the ramp until the wheels touch the ground. In addition, the ramp had to be of sufficient size for the tracks but not too large so that the wheels did not touch it on the way down, and its sides were sufficiently reinforced to support the weight of the vehicle. In addition, in the raised position, the wheels obstructed the driver's side vision. All these inconveniences led to the abandonment of the project of subsequent purchases.





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Le modèle St Chamond 1921 (source: internet)












Une carte postale de l'époque (source internet)






Les tentatives anglaises:



1-Vickers Crossley :

La M25 Vickers Crossley était une auto-mitrailleuse anglaise que l'armée utilisa en Inde et exporta dans certains pays dont 12 pour le Japon, contrat en 1925 pour l'armée (IJA) 3 exemplaires et la marine (IJN) 9 exemplaires sous la dénomination type 2587 Crossley.
L'armée japonaise, en avril 1928, envoya deux de ces exemplaires en Chine, dans la garnison japonaise de Tianjin et en juillet de la même année le dernier exemplaire fut envoyé à l'armée du Kwantung avec deux auto-mitrailleuses Wolseley. Lors de l'invasion de la Mandchourie en 1931, ces véhicules participèrent à l'opération.

Les 9 autres véhicules furent réceptionnés en 1928 par la marine impériale et envoyés au détachement de garde des NLF de Shangaï où ils prirent part aux combats de janvier – mai 1932 et où certains furent endommagés. On peut noter que toutes les photos de cette période montrent des Crossley khakis avec emblème de l'armée de terre (soleil centré) sur les côtés, avec tourelle sans cerclage blanc avant les combats de janvier 1932 ou à cerclage blanc pendant les combats (reconnaissance aérienne ?), numérotées de 1 à 9 (ce qui correspond aux 9 véhicules acquis). Par la suite, on retrouve ces auto-mitrailleuses avec emblème de la marine impériale seulement (soleil décentré), sans le cerclage blanc de tourelle et on n'en voit pas plus de huit au total sur les photos. Ces auto-mitrailleuses participent aussi à la seconde bataille de Shangaï en 1937. La couleur est khaki pour 1932 puis peut-être grise lorsqu'elles arborent après 1932 l'emblème de l'IJN.
Pour résumer:
- avant 1932: khaki avec emblème IJA
- pendant les combats de 1932: khaki avec cercle blanc sur la tourelle et emblème IJA
- après 1932: khaki (ou gris) avec emblème IJN
A noter que les pneus de cette version (IJN) étaient en caoutchouc rigide alors que les pneus de l'armée (IJA) étaient à chambre à air.
A noter qu'en aout 1945, la garnison de Shangaï possédait toujours un exemplaire en état de service.

véhicules achetés: 12
poids au combat: 4,85 t
équipage: 4 hommes
blindage: 4 - 5,5 mm
longueur: 5020mm
largeur: 1870 mm
hauteur: 2580 mm
moteur: essence 4 cylindres en ligne Crossley
puissance: 50 cv
vitesse maximale: 64 km / h en marche avant, 8 km / h en marche arrière
autonomie: 200 km
Rapport puissance / poids: 11,1 ch / t
armement: 2 X 7,7 mm Vickers MG



1-Vickers Crossley:



The M25 Vickers Crossley was an English armored car which the army used in India and exported in certain countries including 12 for Japan, contract in 1925 for the army (IJA) 3 copies and the navy (IJN) 9 copies under the type designation 2587 Crossley.
The Japanese army, in April 1928, sent two of these copies to China, in the Japanese garrison of Tianjin and in July of the same year the last copy was sent to the Kwantung army with two Wolseley armored cars. During the invasion of Manhuria in 1931, these vehicles participated in the operation.

The other 9 vehicles were received in 1928 by the imperial navy and sent to the NLF guard detachment of Shanghai where they took part in the fighting from January - May 1932 and where some were damaged. It can be noted that all the photos of this period show Crossley khakis with army flag (sun centered) on the sides, with turret without white circling before the fighting in January 1932 or with white circling during the fighting (aerial reconnaissance ?), numbered from 1 to 9 (which corresponds to the 9 IJN vehicles). Subsequently, we find these armored cars with the imperial navy flag only (off-center sun), without the white turret circling and we see no more than eight in total on the photos. We also find these armored cars during the second battle of Shanghai in 1937. The color is khaki for 1932 and then perhaps gray when they display the IJN flag after 1932.

To summarize:
- before 1932: khaki with IJA flag
- during the fighting of 1932: khaki with white circle on the turret and IJA flag
- after 1932: khaki (or gray) with IJN flag

Note that the IJN version tires  were made of rigid rubber.
Note that in August 1945, the Shanghai garrison still had a working copy.


vehicles bought: 12
battle weight: 4,85 t
crew: 4 men
armor 4 - 5,5 mm
length: 5020mm
width: 1870 mm
height: 2580 mm
engine: Crossley 4-cylinder inline gasoline
power: 50 hp
maximum speed: 64 km/h forward, 8 km/h reverse
range: 200 km
Power/weight ratio: 11,1 hp/t
armament: 2 X 7,7 mm Vickers MG

Vickers Crossley des SNLF lors de sa réception, elle n'est pas encore marquée (source internet - copyright)


Vickers Crossley des NLF en manoeuvres 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF Shangaï, carte postale 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF Shangaï 1932 (source internet)

Vickers Crossley des NLF Shangaï 1932 (source internet - copyright)


Vickers Crossley des NLF Shangaï 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Deux Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Deux Vickers Crossley des NLF, on voit la n°9, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Deux Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Deux Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Vickers Crossley des NLF, incident de Shangaï 1932 (source internet)


Trois Vickers Crossley des SNLF, sortie du QG des SNLF Shangaï, années trente post 1932 (source internet)


Huit Vickers Crossley des SNLF, années trente post 1932 (source internet)


Six Vickers Crossley des SNLF, années trente post 1932 (source internet)


Vickers Crossley des SNLF, années trente post 1932 (source internet)


Vickers Crossley des SNLF, années trente post 1932 (source internet)


Vickers Crossley des SNLF, années trente post 1932 (source internet)

Vickers Crossley des SNLF, années trente post 1932 (un uniforme est toujours bleu marine, à gauche veste à cinq boutons et col droit), avec deux type 90 naval sumida P (source internet - copyright)



Vickers Crossley des SNLF, deuxième bataille de Shangaï 1937 (source internet)


Vickers Crossley des SNLF, deuxième bataille de Shangaï 1937 (source internet)


Vickers Crossley des SNLF, deuxième bataille de Shangaï 1937 (source internet)


Vickers Crossley des SNLF, deuxième bataille de Shangaï 1937 (source internet)


Vickers Crossley de l'IJA, garnison de Tianjin 1931 (source internet)



Les deux Vickers Crossley de l'IJA, garnison de Tianjin 1931 (source internet)

L'autre Vickers Crossley de l'IJA, avec une Sumida Wolseley, Mandchourie 1931 (source internet)

L'autre Vickers Crossley de l'IJA, avec deux Sumida Wolseley, Mandchourie 1931 (source internet)

Avec une Austin Chiyoda lors d'exercices en Mandchourie, 1933 (source internet)



2 - Sumida Wolseley :

Dans la deuxième moitié des années vingt, l'état major japonais désira se doter d'une force blindée pour ses armées avec des matériels nationaux. Dans le domaine des auto-mitrailleuses, à cette date, l'armée japonaise était dotée de quelques Austins et des 3 vickers Crossley commandées en 1925. comme les moyens nationaux étaient limités, notamment en terme de chassis, Il fallait chercher un chassis existant et suffisamment éprouvé, c'est pourquoi, l'armée se rapprocha de Ishikawajima qui fabriquait les camions Wolseley CP. Sur ce chassis, une caisse blindée fut adaptée avec comme base la Vickers Crossley ce qui donna naissance à l'auto-mitrailleuse Wolseley Sumida appelée aussi simple armored car ou Wolseley armored car. Ce fut la première auto-mitrailleuse de fabrication nationale. On ne sait pas combien d'exemplaires furent construits, on peut en voir au maximum cinq sur les photos, ces véhicules furent réceptionnés en 1928 par l'armée de terre. L'armement consistait en une seule mitrailleuse Taisho 3 de 6,5 mm. Les premières mentions de cette auto-mitrailleuse viennent d'un exercice d'unités de cavalerie autour du mont Fuji en1930. Les cinq auto-mitrailleuses furent envoyées en Mandchourie (avec une Crossley) lors de l'invasion de 1931 mais ne donnèrent pas d'excellents résultats, en effet le poids de 4,2t était un peu exagéré pour un chassis de 1,5t, et le moteur de 30 CV était trop anémique pour propulser correctement un poids de 4,2t. La dernière mention de leur existence date du milieu des années trente et il est probable qu'elles furent rapidement retirées du service actif au profit de véhicules plus récents (Chiyoda). Néanmoins cette première tentative nationale servit de base de travail aux ingénieurs japonais pour concevoir de futurs modèles plus adaptés aux demandes de l'armée.




2 - Sumida Wolseley :


In the second half of the 1920s, the Japanese general staff wanted to acquire an armored force for its armies with national equipment. In the field of armored cars, at that date, the Japanese army was equipped with some Austins and 3 vickers Crossley ordered in 1925. As the national means were limited, in particular in terms of chassis, It was necessary to look for an existing chassis and sufficiently tested, this is why, the army approached Ishikawajima which manufactured the trucks Wolseley CP. On this chassis, an armored body was adapted based on the Vickers Crossley which gave birth to the Wolseley Sumida armored car also called simple armored car or Wolseley armored car. It was the first domestic armored car. We do not know how many copies were built, we can see a maximum of five in the photos, these vehicles were received in 1928 by the army. The armament consisted of a single 6.5 mm Taisho 3 machine gun. The first mentions of this armored car come from an exercise of cavalry units around Mount Fuji in 1930. The five armored cars were sent to Manchuria (with one Crossley) during the invasion of 1931 but did not give excellent results, indeed the weight of 4.2t was a bit exaggerated for a chassis of 1.5t, and the engine of 30 CV was too anemic to properly propel a weight of 4.2t. The last mention of their existence dates from the mid-thirties and it is likely that they were quickly withdrawn from active service in favor of newer vehicles (Chiyoda). However, this first national attempt served as a working basis for Japanese engineers to design future models more suited to the demands of the army.


Data:
vehicles built: at least 2
battle weight: 4,2 t
crew: 4 men
armor 6 mm
length: 5562mm
width: 1892 mm
height: 2615 mm
power: 30 hp
maximum speed: 40 km/h forward, 8 km/h reverse
range: 200 km
Power/weight ratio: 7,1 hp/t
armament: 1 X Type Taisho 3 6,5 mm MG







Sumida Wolseley en 1928 (source internet)


Sumida Wolseley lors d'exercices en 1930 (source internet)

Sumida Wolseley lors d'exercices en 1930 (source internet - copyright)


Deux Sumida Wolseley, Mandchourie en 1932 (source internet)

Sumida Wolseley, Mandchourie en 1932 (source internet)











Cinq Sumida Wolseley, Mandchourie en 1932 (source internet copyright Akira Takizawa))



Une Sumida Wolseley avec la Vickers Crossley, Mandchourie en 1932 (source internet)


Deux Sumida Wolseley avec la Vickers Crossley, Mandchourie en 1932 (source internet)


Deux Sumida Wolseley, Mandchourie 1932 (source internet)


Trois Sumida Wolseley, Mandchourie 1932 (source internet)


Sumida Wolseley, Mandchourie 1932 (source internet)


Sumida Wolseley, Mandchourie 1932 (source internet)


Sumida Wolseley, Mandchourie 1932 (source internet)

Sumida Wolseley, Mandchourie 1932 (source internet - copyright)


Deux Sumida Wolseley, Mandchourie 1932 (source internet copyright)